Trois soeurs et leur frère vivent avec leur mère qui est à la recherche de l'homme idéal. Cependant, la quête d’amour de cette dernière lui fait négliger ses enfants. Elle est ainsi dans le déni de leur souffrance allant même jusqu’à refuser de croire que l’un d’entre eux est abusé sexuellement par un de ses compagnons. C’est le portrait d’une mère égoïste et démissionnaire qui nous est fait par l’auteur flamand Bart Moeyaert. Face à cette mère absente, les quatre enfants sont soudés et tentent de maintenir la fratrie.
A travers ce roman l’auteur interroge la notion de responsabilité et la notion de famille. La figure maternelle est ici largement ébranlée, désacralisée. On est très loin de romans comme Sous la Pluie d’Olivier Adam ou Je suis l’arbre qui cache la forêt d’Alice de Poncheville qui proposaient d’autres portraits de mères négligentes. Si dans ces romans les mères étaient excusées en raison de leur caractère humain, il n’en est rien dans C’est l’amour que nous ne comprenons pas où la mère est toute entière vouée à sa quête personnelle du bonheur et insensible aux sort des siens. Qu’il n’y ait pas de méprise cependant, le roman de Bart Moeyaert n’est pas dans la moralisation, il donne à voir simplement, fait le constat d’une situation, par petites touches, très souvent en utilisant l’ellipse. L’écriture peut être déstabilisante car elle requiert beaucoup d’attention de part le recours à l’ellipse et une écriture très imagée.
Extrait : « De tout le trajet, nous n’ouvrons pas la bouche. Nous ne pensons pas à la même chose, j’en mettrai ma main à couper. Ma mère conserve de bout en bout son air fâché, à croire qu’elle a de l’amidon dans les sourcils et qu’il n’y a rien à lisser, pas le moindre pli. » [P.74]
Stéphanie
Moeyaert, Bart. C’est l’amour que nous ne comprenons pas. - Rodez :Editions du Rouergue, 2005. (Doado)
©Ed.duRouergue

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