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Vendredi 10 février 2006

Trois soeurs et leur frère vivent avec leur mère qui est à la recherche de l'homme idéal. Cependant, la quête d’amour de cette dernière lui fait négliger ses enfants. Elle est ainsi dans le déni de leur souffrance allant même jusqu’à refuser de croire que l’un d’entre eux est abusé sexuellement par un de ses compagnons. C’est le portrait d’une mère égoïste et démissionnaire qui nous est fait par l’auteur flamand Bart Moeyaert. Face à cette mère absente, les quatre enfants sont soudés et tentent de maintenir la fratrie.

 A travers ce roman l’auteur interroge la notion de responsabilité et la notion de famille. La figure maternelle est ici largement ébranlée, désacralisée. On est très loin de romans comme Sous la Pluie  d’Olivier Adam ou Je suis l’arbre qui cache la forêt  d’Alice de Poncheville qui proposaient d’autres portraits de mères négligentes. Si dans ces romans les mères étaient excusées en raison de leur caractère humain, il n’en est rien dans C’est l’amour que nous ne comprenons pas où la mère est toute entière vouée à sa quête personnelle du bonheur et insensible aux sort des siens. Qu’il n’y ait pas de méprise cependant, le roman de Bart Moeyaert n’est pas dans la moralisation, il donne à voir simplement, fait le constat d’une situation, par petites touches, très souvent en utilisant l’ellipse. L’écriture peut être déstabilisante car elle requiert beaucoup d’attention de part le recours à l’ellipse et une écriture très imagée.

Extrait : « De tout le trajet, nous n’ouvrons pas la bouche. Nous ne pensons pas à la même chose, j’en mettrai ma main à couper. Ma mère conserve de bout en bout son air fâché, à croire qu’elle a de l’amidon dans les sourcils et qu’il n’y a rien à lisser, pas le moindre pli. » [P.74]

 

 

 

Stéphanie

Moeyaert, Bart. C’est l’amour que nous ne comprenons pas. - Rodez :Editions du Rouergue, 2005. (Doado)

©Ed.duRouergue

 

 

par Bib publié dans : Comptes rendus de lecture
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Jeudi 9 février 2006

1-

C’est un morceau de la vie de Ginnie, une jeune fille de 17 ans qui vit avec sa mère et sa sœur atteinte de trisomie 21. On a l’exposé de sa vie d’ado, avec ses amies, son hostilité à l’égard de son père qui les a abandonnées à la naissance de sa sœur. Mais surtout la mort successive de ses deux petits amis, ce qui la pousse à s’appeler « la poisse ». Jusqu’au moment où un dernier amour, Hel, lui fait reprendre goût à la vie.

 

C’est un livre facile, à plusieurs voix, contemporain. L’intérêt de ce roman tient surtout à la  forme. Le livre est ainsi divisé en sortes de petits poèmes . L’auteur exprime de manière succincte mais juste les bouleversements de la vie de Ginnie. On peut ajouter que la question de la mort est intéressante parce qu’elle est traitée de manière simple et originale sans tomber dans le morbide.

On peut supposer que l’histoire plaira aux jeunes lectrices. Ainsi, je le conseille aux adolescents frillantes « d’histoires de filles », notamment celles qui ont déjà lu la série Quatre filles et un jean. A conseiller aussi à ceux et à celles qui apprécient la collection « Scripto ». et à ceux qui aiment ou qui souhaitent s’initier à la poésie. 

 

 Sinaï

 

2-

Porte-poisse raconte l'histoire de Ginnie, convaincue qu’elle porte malheur depuis le décès de son petit ami. A partir de ce moment, elle se rebaptise "porte poisse". Ce livre, composé de courts paragraphes, propose une vision de l’adolescence à travers le regard du personnage de Ginnie,  et celui de ses proches.  L’amour, la différence, l’incommunicabilité sont des thèmes importants de ce livre qui peut paraître étonnant par sa forme. Les courts paragraphes de ce texte sont en effet comme autant de tableaux qui proposent des petits instantanés de vie et sont le moyen d’accéder à l’intimité des personnages, à leurs pensées secrètes. Aux jeunes lecteurs qui auront aimé la forme du texte, on peut conseiller la poésie d’Albane Gellé, qui, avec notamment Quelques  et Un bruit de vers en elle décrit la réalité et l’intériorité des gens avec beaucoup de finesse.

 Extrait de Porte poisse  :

 

 

  "j’ai un papillon tatoué 

 sur la cheville gauche.   

 Il a vraiment fallu 

 que j’agite les doigts de pieds 

 sous le nez de mes parents 

 pour qu’enfin ils le remarquent." [p.128]

 Stéphanie

- Wild, Margaret. – Porte poisse. - Paris : Gallimard, 2005. (Scripto)

© Gallimard

par Bib publié dans : Regards croisés
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Jeune et je lis (les gars aussi) est un blog créé pour rendre compte des lectures des participants, lecteurs ou bibliothécaires, du « comité ado » de la médiathèque de Bagnolet.

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